L'activité pastorale dans le massif du Sancy est essentielle au maintien de nos paysages ouverts et d'une montagne vivante. Découvrez les métiers du pastoralisme d'aujourd'hui et les adaptations nécessaires face à la présence du loup, pour une cohabitation partagée au cœur de nos montagnes.
Les éleveurs et bergers déplacent les troupeaux au gré des saisons, en fonction de la présence spontanée de ressources naturelles. L’eau par exemple, mais surtout les ressources fourragères comme l’herbe et les arbustes. Dans nos montagnes, les troupeaux montent en altitude l’été pour profiter de l’herbe fraîche, c’est ce qu’on appelle la transhumance. Selon la région, on dit aussi qu’ils vont « en alpage », ou « en estive » en Auvergne. Pendant ce temps-là, les prairies en vallée sont fauchées pour faire du foin, qui servira à nourrir les animaux l’hiver. Ce fonctionnement offre une nourriture de qualité tout au long de l’année.
Conduire un troupeau ne se résume pas à laisser les bêtes aller librement d’un point à un autre. Bien au contraire, ce savoir-faire implique d’observer et de croiser de nombreuses caractéristiques, souvent environnementales, pour trouver le bon équilibre entre les besoins du troupeau et la préservation des ressources naturelles.
Ainsi, les éleveurs et bergers guident leurs troupeaux chaque jour en fonction de la météo, de la ressource en eau et en herbe, de la présence de faune et flore sauvage…
De l’ère glaciaire à nos jours, la dent des troupeaux et le travail de leurs gardiens ont contribué à donner à la montagne le caractère qu’on lui connaît. Aujourd’hui, la présence des animaux domestiques est plus que déterminante pour l’entretien et le maintien de ces espaces ouverts. Le pastoralisme façonne les paysages du Sancy et de la chaîne des puys des volcans d’Auvergne.
Vue sur le Puy Gros et les crêtes du Sancy depuis le sommet de la Banne d'Ordanche
Réapparu progressivement en France à partir de 1992, le loup est aujourd’hui présent dans une grande majorité des départements. Il est désormais installé en Auvergne et sa présence est de plus en plus importante dans le Puy-de-Dôme et le Massif du Sancy.
Chaque année, plusieurs milliers d’animaux domestiques sont concernés par les attaques du loup. Cette prédation a de nombreux impacts sur les animaux : en plus des bêtes tuées, d’autres sont blessées et euthanasiées. Certains animaux deviennent craintifs, violents ou stériles. D’autres avortent plusieurs semaines après les attaques.
- économiques : pertes d’animaux, avortements, perte de productivité, frais supplémentaires pour la mise en place de moyens de protection…
- structurels : modification des pratiques, apprentissage de nouvelles compétences, embauche de salariés…
- psychologiques : stress, isolement, conflit avec les autres usagers, impact sur la vie de famille, suicide…
De nombreux éleveurs et bergers abandonnent ces métiers devenant de plus en plus difficiles, et moins de jeunes s’installent mettant en péril l’avenir de cette activité ancestrale.
Pour les paysages, certains espaces sont abandonnés par le pastoralisme car il y est trop difficile de surveiller le troupeau, ils ne sont donc plus entretenus, se referment (apparition de genets, noisetiers...), peuvent accentuer les risques d’incendie et deviennent également inaccessibles pour toute autre activité.
À l’inverse, le recours au parc de nuit, pour faciliter la garde, concentre les troupeaux longtemps sur un même espace. Les déjections et piétinements qui sont bénéfiques pour la biodiversité lorsqu’ils s’effectuent sur de vastes étendues, provoquent à l’inverse un appauvrissement de la ressource en herbe et du sol lorsqu’ils se concentrent sur une même zone.
Les éleveurs et bergers disposent principalement de trois grands moyens de protection : les chiens de protection, les filets et parcs électrifiés, la présence humaine.
Les chiens de protection restent à l’heure actuelle le moyen de protection le plus efficace. Face à la prédation, il est impossible de se passer d’eux, et deviennent partie prenante du paysage montagnard.
Vous aimerez aussi...